| Le comité des écrivains en prison de PEN International (WiPC), que nous appelons au Québec CODEP, lance aujourd’hui une campagne pour promouvoir la liberté d’expression et la liberté d’écrire dans les Amériques, devant se dérouler pendant toute l’année 2009.
La liberté d’écrire dans les Amériques vise à souligner la persécution des écrivains et des journalistes et la question de l’impunité dans la région, à offrir un soutien direct aux collègues en difficulté et à faire prendre conscience des tendances de répression et de censure menaçant les droits des écrivains.
Entre janvier 2004 et décembre 2008, 37 écrivains et journalistes de la presse écrite ont été assassinés en Amérique Latine tandis que quatre autres ont brutalement disparu. Les chiffres du WiPC pour la seule année 2008 indiquent un total de 191 attaques contre des écrivains et des journalistes, dont seules sept n’ont pas été commises en Amérique Latine. On dénombre sept meurtres et une disparition brutale (tous au Mexique), 30 emprisonnements (25 à Cuba), 44 agressions physiques, 35 menaces de mort et 35 autres types de menace ou de harcèlement.
Il est clair que ces écrivains étaient bien souvent visés pour leurs écrits. Il est aussi arrivé que leurs critiques des autorités ou de gangs de criminels fassent craindre que les meurtres et les attaques soient associés à leurs travaux. Dans de très rares cas, les coupables ont été poursuivis.
Si cette situation peut sembler effrayante, le WiPC tire son inspiration du fait qu’au fil des
décennies, il a lancé avec succès des campagnes au nom des écrivains dans les Amériques
comme Maria Elena Cruz Varela (Cuba), Myrna Mack Chang (Guatemala), Brigadier General José Gallardo Rodríguez (Mexique), Yehude Simon Munaro (Pérou) et Lydia Cacho (Mexique).
PEN a par exemple apporté un soutien direct à Yehude Simon Munaro, écrivain et homme politique emprisonné entre 1992 et 2000 sur accusation mensongère de terrorisme. Après sa libération, Munaro a écrit à PEN International : « La vie d’un prisonnier est difficile et désespérée, encore plus quand la victime est innocente. Je ne sais pas ce que j'aurais fait sans votre solidarité océanique. » Munaro est devenu Premier ministre du Pérou en octobre 2008.
Lydia Cacho, auteur récompensé et journaliste d’investigation, a été arrêtée illégalement, détenue et mal traitée à la suite de la publication de son livre sur la pornographie infantile
au Mexique en 2005, avant de faire l’objet de poursuites pénales en
diffamation pendant une année. Elle a reconnu l’importance du soutien du PEN dans
un discours lors d’une réception organisée par PEN Amérique en 2007 : « Je pense que toutes ces personnes, notamment la plupart d’entre vous ici ce soir, m’ont sauvé la vie en
écrivant des lettres, en étant présents, en appelant ou même juste en pensant ou souhaitant que je sois en vie »”
C’est dans ce même esprit de solidarité que le WiPC lance La liberté d’écrire dans les
Amériques.
Les principaux pays ciblés par la campagne seront le Mexique, Cuba et le Venezuela, mais les évolutions au Pérou, en Colombie et au Nicaragua seront également étroitement
surveillées. Ces pays ont été sélectionnés en fonction du nombre d’attaques et de la gravité des persécutions à l’encontre des écrivains ces dernières années.
Les intérêts des centres PEN dans les Amériques et dans le monde entier ont été
identifiés lors d’un processus de consultation réalisé en 2008. (Voir
la section Contexte ci-dessous pour plus de détails sur les problèmes de chaque
pays).
La liberté d’écrire dans les Amériques reposera principalement sur l’Internet et le courrier électronique et fournira des suggestions d’actions et autres supports en espagnol et en anglais à l’adresse http://www.internationalpen.org.uk/go/freedom-of-expression/campaigns.
Le site Internet sera régulièrement mis à jour avec de nouvelles informations et
des outils dédiés aux campagnes.
Vingt-neuf centres PEN dans le monde, dont le P.E.N. Québec, ont déjà rejoint La liberté d’écrire dans les Amériques et plus encore devraient nous rejoindre. Nous espérons également accueillir d’autres organisations et d’autres personnes du monde entier dans le cadre de la campagne.
Pour plus d’informations, veuillez consulter les pages de la campagne La liberté d’écrire dans les Amériques à l’adresse
http://www.internationalpen.org.uk/go/freedom-of-expression/campaigns
Si vous souhaitez recevoir des mises à jour sur la campagne par courrier électronique ou si vous avez des questions, veuillez contacter Tamsin Mitchell, chercheur WiPC pour les Amériques à l’adresse
tamsin.mitchell@internationalpen.org.uk
Contexte
Dans une époque de division entre les pays, PEN International est l’une des
rares institutions à maintenir un pont constamment ouvert » - Mario Vargas Llosa (vice-président de PEN International)
PEN International, l’association mondiale d’écrivains comptant plus de
15 000 membres dans 144 Centres répartis dans 102 pays, existe pour promouvoir l’amitié et la coopération intellectuelle parmi les écrivains du monde entier, défendre la liberté d’expression et représenter la conscience de la littérature mondiale.
Le comité des écrivains en prison de PEN International (WiPC) travaille au nom des écrivains persécutés dans le monde et surveille les cas d’écrivains emprisonnés, torturés, menacés, attaqués et tués pour la pratique pacifique de leurs professions. Le WiPC milite pour mettre fin à ces attaques et s'opposer à la suppression de la liberté d'expression chaque fois qu'elle se produit.
Résumé des problèmes dans les principaux pays de la campagne :
Mexique :
C’est l’un des pays où le travail de journaliste de la presse écrite est le plus dangereux au monde.
Entre 2004 et 2008, 20 écrivains – 19 journalistes et un auteur – ont été assassinés et quatre autres ont disparu.
2008 a enregistré une montée alarmante des attaques, notamment sept meurtres et deux
emprisonnements.
Cuba :
Dès début 2009, au moins 25 écrivains, journalistes indépendants et bibliothécaires sont en
prison à Cuba ; tous pour de longues peines – jusqu’à 27 ans – pour des
accusations de « dangerosité sociale » ou d’actions contre l’Etat
relatives à leur travail. La plupart sont en mauvaise santé mais ont un accès limité aux soins médicaux appropriés.
Venezuela :
La pratique du journalisme au Venezuela est devenue de plus en plus dangereuse ces dernières années, les attaques sur les journalistes de la presse écrite progressant de 50 %, de 13 incidents enregistrés en 2007 à 19 en 2008.
Les agressions physiques ont particulièrement augmenté. Un autre problème
grave est que le gouvernement vénézuélien imposerait des contrôles sur l’importation de livres étrangers au nom de la protection de l’industrie nationale.
Pérou :
Les écrivains au Pérou, plus particulièrement les journalistes de la presse
écrite, sont fréquemment menacés, avec 25 attaques enregistrées en 2008. Les menaces de mort sont particulièrement courantes. Cinq journalistes ont été condamnés pénalement pour diffamation et un jeune poète pour affiliation à un groupe terroriste.
Colombie :
En 2008, le WiPC a enregistré 14 attaques contre des écrivains en Colombie, dont la plupart étaient des journalistes de la presse écrite. Les menaces de mort ont été monnaie courante. Trois écrivains ont été poursuivis au pénal pour diffamation, deux d’entre eux pour des rapports associant des personnes puissantes au trafic de drogue.
Nicaragua :
Bien que la presse soit toujours libre au Nicaragua, on s’inquiète
que la seconde administration du président Ortega soit de plus en plus
autoritaire et répressive en matière de dissidence. Ortega est plus particulièrement
accusé de persécuter les critiques des figures révolutionnaires.
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